Les lacs de Savoie et le tourisme

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7,50 € l'unité Fabricant: Y. THYLY. THYL

La Savoie se conçoit-elle sans ses lacs ? «Lac et Montagne», c'est un slogan touristique, mais aussi une réalité quotidienne : au pied de la montagne qui domine et s'impose, le lac s'étale «menaçant ou riant, suivant les saisons et les heures, enseignant tour à tour l'abandon ou la résistance et la prose ou la poésie» (André Gide, 1934).
Les lacs sont pour nous lieux d'harmonie et lieux de loisir. Pendant longtemps cependant, les lacs savoyards ont été négligés parce qu'isolés (les lacs de montagne) ou peu considérés (les grands lacs) sinon comme espaces de pêche et de communication. On s'est longtemps méfié d'eux, de leurs rives marécageuses et de leurs inondations. Villages et villes s'en sont écartés.
C'est la littérature romantique qui a créé l'envoûtement des paysages marins et lacustres. Chateaubriand s'est fait le chantre de «l'écume éblouissante des flots [qui] jaillit sur les roches noires» (A. Rauch, Vacances en France de 1830 à nos jours. Paris, 1996) et Lamartine le poète des eaux calmes qui rêve au temps qui passe. Les riches estivants du XIXe siècle ont suivi les poètes dans leurs palaces de luxe. La mise en valeur du lac d'Annecy a suivi la fête impériale de l'Annexion de 1860.
Le tourisme est né de l'opulence et de l'oisiveté. « Le tourisme, c'est l'art de se promener », pouvait-on lire dans le journal Annecy, son lac, ses environs du 15 février 1899. « Savoir s'intéresser au nuage qui fuit, à la lumière qui s'épanouit, aux souvenirs qui s'égrennent sur la route, aux teintes qui se mêlent, aux chants des choses et à leurs voix, saisir le côté pittoresque et humain de toutes les sensations de la vie au grand air, les coordonner et en jouir d'une jouissance très intime, très profonde et très spéciale. Voilà le tourisme ».
Le tourisme est également mouvement. Dans son rapport de 1935 sur la vie du Syndicat d'Initiative d'Annecy, le président Laydemier rappelait que l'Académie française venait d'admettre au dictionnaire le mot tourisme en le définissant comme une « action de voyager pour son plaisir ». Ce qui caractérise la civilisation des loisirs que Joffre Dumazedier voyait arriver dès les années soixante, c'est le déplacement des touristes qui viennent rapidement consommer ces produits que sont le soleil, l'eau et les loisirs. Car le tourisme, s'il est un mythe personnel, est également un phénomène économique. En ce domaine, la Savoie offre un palmarès brillant et se place parmi les premiers départements touristiques de France. L'histoire des lacs de Savoie montre comment ceux-ci ont été peu à peu apprivoisés par leurs riverains, avant de devenir ces lieux de tourisme qui font désormais la richesse de la province.

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