La vie à Cusy : 1860-1918

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30,00 € l'unité Fabricant: Bernard JANINBernard JANIN

Bernard Janin, savoyard de vieille souche et agrégé de géographie, a été professeur à l'Université de Grenoble et successeur de Paul Veyret à la direction de l'Institut de Géographie Alpine, et de la revue homonyme. Il a également effectué des missions d'enseignement auprès des universités de Niamey (Niger) et de Porto Novo (Bénin), mais principalement du Val d'Aoste. Dans cette région, italienne quoique de langue française, intégrée avec la Savoie au royaume de Piémont-Sardaigne, se sont déroulées l'essentiel de ses recherches, orientées vers l'aménagement de la montagne au cours des siècles (traversée des Alpes, destinée linguistique, exploitation minière, vie pastorale, tourisme, protection de la nature). Ces thèmes illustrent l'essentiel de sa thèse de doctorat d'Etat, Le Val d'Aoste, tradition et renouveau, soutenue en 1968, et rééditée à plusieurs reprises.

C'est dire que l'histoire transparaît fortement dans ses publications, et c'est elle qui imprime sa marque à l'ouvrage que Bernard Janin consacre à Cusy, berceau de sa famille, depuis son rattachement définitif à la France jusqu'à la Grande Guerre (1860-1918). Autrement dit, une courte période voisine de la nôtre, dont il existait encore des acteurs vivants au cours de sa jeunesse, et dont les souvenirs, recueillis soigneusement, rehaussent la valeur des documents dépouillés dans les archives paroissiales, communales, départementales, nationales.

Ainsi, l'on prendra la mesure du fort dépeuplement d'une commune très agricole, qui ambitionnait de devenir chef-lieu de canton, mais dont les jeunes émigraient à Paris ; les tensions qui dressaient parfois des clans les uns contre les autres, en dépit de la domination de quelques familles (comme les Brunier ou les Chabert), ou contre l'instituteur (le dossier de M. Vagnon est à cet égard très savoureux) ; les rapports de plus en plus acides et dévastateurs entre le maire et le curé, au point que ce dernier déserte sa paroisse à la veille de la guerre et n'est pas remplacé ; des efforts considérables tout de même pour moderniser la commune : construction des écoles du chef-lieu (1875) et de Lâchât (1900), des fruitières de La Pallud (1885) et de Lâchât (1898) de l'église (1886) et du pont de l'Abîme (1888), tandis que le réseau électrique et celui de l'adduction d'eau potable ne verront le jour que bien après la Première Guerre mondiale.