Elisabetta LurgoElisabetta Lurgo : "Une histoire oubliée. Philippe d'Orléans et la Maison de Savoie"

La dernière parution de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie sera bientôt disponible à la vente dans notre librairie en ligne.

Avec le présent ouvrage, la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie renoue avec une de ses missions historiques en publiant des documents inédits : la correspondance échangée entre Monsieur, Philippe d'Orléans, frère du Roi Soleil, avec les principaux membres de la Maison de Savoie que sa fille Anne-Marie d'Orléans, vient d'intégrer par son mariage en 1684 avec Victor-Amédée II.

Cette correspondance, augmentée de notes diplomatiques, dévoile les tractations discrètes qui précèdent les pourparlers officiels, les entrevues de Philippe d'Orléans avec les agents savoyards, des fragments de ses conversations réservées avec le roi. Elle invite aussi à pénétrer dans l'intimité des princes et fourmille de notations qui permettent d'entrer par la porte des "mentalités" dans la grande histoire que jalonne cette correspondance, entre 1659 et 1701.

Cette une histoire de la Maison de Savoie oubliée dans les archives d'État de Turin qui est proposée aux lecteurs.

Elisabetta Lurgo, docteur en Histoire, est chercheur rattachée à l'Université de Savoie Mont-Blanc. Ses travaux portent notamment sur l'histoire des dévotions et des pratiques religieuses à l'époque moderne et sur les relations entre la France et l'État de Savoie.


Conférence de Fabrice Mouthon : Les villes de Savoie au Moyen Age

La troisième conférence du cycle 2018 s'est tenue aux Archives départementales ce mercredi à 17h.

Fabrice Mouthon nous a débord présenté la naissance des villes savoyardes au Moyen Âge central. Une naissance qui s'effectue à partir des noyaux préexistants : c'est à dire les centres épiscopaux du haut Moyen Âge, de châteaux, de monastères ou bien même de fondations seigneuriales appelées Villeneuves.

Par la suite, il nous a présenté les caractéristiques de ces villes en proposant un regard sur leur démographie, leur muraille, leur organisation urbaine et leurs principaux édifices.

Enfin, l'orateur à insisté sur les fonctions économiques et politiques de ces espaces urbains savoyards au sein de leur territoire.

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Vous pouvez écouter le contenu de la conférence ci-après :

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Assemblée Générale de la SSHA

ag2018L'Assemblée Générale de la SSHA s'est déroulée ce samedi 3 février de 14h à 18h.

Nous remercions ici le Conseil Départemental pour la possibilité qu'il nous est fait d'utiliser les locaux des Archives départementales de Savoie.

Après l'accueil des participants, Jean Noël Parpillon, le président de la SSHA, a présenté le rapport moral pour l'année 2017, plusieurs membres du Conseil d'Administration ont par la suite détaillé les rapports d'activités et financier de la société.

Nous remercions Jean Daniel Légère qui a pu se rendre disponible pour présenter le nouveau site internet aux adhérents présents.

Enfin, notre secrétaire, Stéphane Henriquet, nous a proposé un exposé fort intéressant sur l'histoire de la SSHA.

Vous pouvez écouter le contenu de la conférence ci-après :

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Cette chaleureuse après-midi c'est clôturée par le pot de l'amitié.

Bientôt disponible l'intervention de Stéphane Henriquet en écoute audio.

Merci à tous les adhérents pour leur présence.

 

  


brugnon1Conférence de Pierre BRUGNON

Le cycle de conférence de la SSHA se poursuit. Pierre Brugnon a plongé quelques 60 personnes au cœur du Moyen Age savoyard en évoquant la seigneurie d'Arvillard.

A partir de la fin du XIIIe siècle, l'organisation et le partage du pouvoir dans la région d'Arvillard en Savoie est en place et ne changera guère jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. En effet, les différents acteurs du pouvoir politique resteront les mêmes et la nature de leurs interactions perdureront avec le temps.

Ces acteurs, quels sont-ils ? Ils sont au nombre de trois : ll s'agit bien évidemment des seigneurs d'Arvillard, attestés dans la région depuis la fin du XIe siècle, mais aussi de la chartreuse de Saint Hugon, fondée par ces mêmes seigneurs au XIIe siècle. Le troisième acteur n'est autre que les communautés paysannes d'Arvillard, dirigées par un conseil de personnalités locales, désignées ou élues par les paysans eux-mêmes et qui interviennent dans chacunes des affaires concernant la communauté villageoise.

Pour comprendre et écrire l'histoire de la région d'Arvillard entre le XIIIe et le XVIIIe siècles, nous pouvons bénéficier des riches fonds d'archives qui ont fait la réputation de la Savoie, principalement les fonds conservés aux Archives Départementales de Savoie à Chambéry, mais aussi sur une pièce unique, le cartulaire de la chartreuse de Saint Hugon,(ed. E. Burnier) l'une des principales sources pour connaître l'histoire de ces communautés montagnardes depuis le XIIe siècle.

brugnonMême si la fondation de la chartreuse de Saint Hugon découle d'un geste de piété sincère allié à un besoin profond de prestige aristocratique, les rapports entre les seigneurs d'Arvillard et les moines du désert de Saint Hugon ne vont pas tarder à se tendre. Les points de tensions concernent le plus souvent les terres offertes en donation à la maison religieuse, et aux droits attenant à ces mêmes terres : ici, on se dispute le droit de chasse, plus loin, on se bagarre quant à l'usage des forêts, partout on se querelle quant aux limites des terres ecclésiastiques... Loin d'être écartées, les communautés paysannes apparaissent elles-aussi en conflit avec ces deux acteurs, tantôt pour des problèmes touchant aux offices religieux, ou – plus prosaïquement – pour des conflit d'usage, le plus souvent sur les terres acensées aux paysans par la chartreuse. Ce sont ces rapports conflictuels, amenés à durer, que nous nous proposons d'aborder sur la longue durée, amenant la région d'Arvillard à entrer dans «un long moyen âge», cher aux historiens français (cf. Le Goff).

Pourquoi «long» ? Parce que l'intégralité des conflits entre ces trois acteurs obéissent à des cycles temporels sur le temps long (XIIIe – XVIIIe siècles), et que ce jeu à trois n'en sera troublé qu'avec la seconde moitié du XVIIIe siècle, non pas avec l'arrivée des révolutionnaires français comme on serait tenté de le penser, mais bel et bien parce que la Savoie entre alors dans une période pleinement «contemporaine» (cf. J. Nicolas) et que les sociétés de la région d'Arvillard sont alors confrontées à différentes innovations politiques (affranchissements des droits féodaux), économiques (recensement des différents poids et mesures, arrivée de la culture du maïs et autres productions agricoles nouvelles) ou sociales (émeutes villageoises, intenses débats au sein du conseil des syndics...).

Pierre BRUGNON est titulaire d'un master II recherche en Histoire Mediévale à l'Université de Savoie (Les Montmayeur. Naissance, vie et mort d'un lignage de la noblesse savoyarde), doctorant en Histoire Médiévale à l'Université d'Avignon (Jamais ne bovray de vim, Tam que mon cuer vangiez en soye. Noblesses remuantes, turbulentes ou frondeuses en Savoie. XIVe-XVe s.) Membre de la SSHA, de l'Académie Salésienne et de la SHAM.

Vous pouvez écouter le contenu de la conférence ci-après :

 

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Conférence d'Emilie-Anne Pépy

La première conférence de l’année 2018 de la SSHA s’est tenue aux archives départementales de Savoie ce mercredi à 17h.

Anne Amélie Pépy, maître de conférence à l’Université de Savoie, nous a présenté un bel exposé intitulé « Des barrières contre les pestes : le duché d’Aoste et la peste de Marseille, 1720-1723 ».

Août 1720 : depuis Turin, le gouvernement du roi Victor-Amédée II, informé de la survenue de la peste à Marseille, entreprend dans l’urgence de verrouiller les frontières par la mise en place d’un cordon sanitaire interdisant le passage aux gens et marchandises venus des régions soupçonnées d’être contaminées.

Les duchés alpins de Savoie et Aoste entrent en état d’urgence : les autorités sont sommées de dresser des barrières contre la peste au niveau des grands cols de passage, mais aussi des routes secondaires de haute montagne.

Ce cas d’étude permet d’interroger la mise en défense des territoires placés sous surveillance. Voyageurs, marchands, travailleurs saisonniers n’ont d’autre choix que de se soumettre au protocole de contrôle sanitaire, et notamment à la quarantaine qui rallonge leur séjour dans des lieux transitoires et modifie les rapports sociaux ordinaires. Il faut également examiner les pratiques de contournement de la règlementation sanitaire et les stratégies d’ajustement de la part des autorités locales.

Ouvrages de l'auteur :

MATHIS, C.-F., PÉPY, É.-A., La ville végétale. Histoire de la nature en milieu urbain, France, XVIIe-XXIe siècle, Seyssel, Éditions Champ Vallon, 2017.

PÉPY, É.-A., « Dresser les montagnes contre la peste. Quand le cordon sanitaire sarde passait par les Alpes : l’exemple du duché d’Aoste au XVIIIIe siècle », in S. Gal et al., (dir.), Montagne liminale, Approche pluridisciplinaire de la territorialité de l’entre-deux, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, à paraître en 2018.

Nous remercions chaleureusement les auditeurs présents et nous serons ravis de vous accueillir à l’occasion de l’une de ces conférences, dont l’entrée et libre et gratuite.

 

 

 

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Journée d'étude au lac d’Aiguebelette

La SSHA est heureuse d'avoir pu organiser, au côté de l'association Mémoire des Pays du Guiers, une journée d'étude au lac d’Aiguebelette. C'est une centaine de participants qui ont pu assister le 21 octobre dernier aux différentes conférences et se restaurer sur place dans un cadre chaleureux. Nous remercions tous les membres des deux associations qui ont œuvré, par leur dynamisme, à la réussite de cette journée.

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Dernières parutions

Les dernières parutions de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie sont disponibles à la vente dans notre librairie en ligne.

Ecrire dans les airs. La Savoie et le télégraphe

A l'heure d'internet et des réseaux sociaux, à l'époque de la fibre optique ou du wifi, alors que les mails, les tweets ou les sms envahissent notre quotidien, la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie invite dans ce volume à porter un regard d'histoien sur les balbutiements de l'écriture à distance appelée télégraphie. "Ecrire dans les airs", cela tenait du miracle pour les hommes du XIXe siècle qui inauguraient ainsi une épopée scientifique et humaine. Rassemblant des spécialistes de la question, l'ouvrage tient compte des recherches les plus récentes et ressucite un patrimoine trop oublié qui marque pourtant encore, mais discrètement souvent, le territoire savoyard.

L'ouvrage a été coordonné par Robert Porret, administrateur de la SSHA

S'unir et se marier en Savoie. Anciennes et nouvelles enquêtes sur les rites de passage de Tarentaise et de Maurienne

Le présent ouvrage, qui fait suite à Naître et mourir publié dans la même collection, invite à une rencontre avec les gestes, paroles, croyances, pensées et pratiques populaires liés à la jeunesse et les noces dans la Savoie du XIXe siècle. La nuptialité est privilégiée ici pour son inscription dans la logique des rites de passage dans une société rurale antérieure à 1940, c'est-à-dire une société issue du XIXe siècle dont elle conservait encore les usages.

Spécialement concentré sur la Tarentaise et sur la Maurienne, l'ouvrage révèle un fond culturel commun, mais aussi des pratiques diversifiées d'un village à l'autre. Cette étude s'appuie sur un ensemble de données récoltées sur le terrain par l'auteur et confrontées à d'autres, antérieures et actuelles, afin d'enrichir le corpus ethnologique visant la jeunesse, les fiançailles et le mariage en Savoie. Cet ensemble de données tente de décrire des actes rituels, mais aussi d'en interpréter le sens caché et la signification profonde.

Stéphane Henriquet est membre de la SSHA, spécialisé en ethno-histoire, en particularité sur l'oralité narrative

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Convention entre le Conseil départemental et la SSHA

La Convention a été signée par M. Renaud BERETTI, conseiller délégué à la Culture et au Patrimoine au Conseil départemental ; le Musée savoisien était représenté par M. Sébastien GOSSELIN, Directeur adjoint ; étaient présents M. LUQUET, Directeur des Archives, du Patrimoine et des Musées et Mme Sylvie CLAUS, directrice des Archives départementales.

Ci-dessous le texte lu pour l'occasion par la Présidente de la SSHA :

Monsieur le Conseiller,

Madame la Directrice des Archives,

Messieurs les Administrateurs de la Société d'Histoire et d'Archéologie,

Mesdames, Messieurs les adhérents,

Tout d'abord, merci à tous de votre présence malgré le froid extérieur ; merci Madame de bien vouloir nous recevoir dans les locaux des Archives départementales.

Nous sommes réunis ce soir pour procéder à la signature de la convention qui désormais va lier la Société savoisienne d'Histoire et d'Archéologie au Conseil départemental. Nous avons négocié longuement dans le souci de préserver pour l'avenir les intérêts pratiques et surtout l'esprit de notre association.

Je tiens à exprimer ici toute notre gratitude au Conseil départemental qui n'a cessé de favoriser les intérêts pratiques de notre association . Ainsi, nous disposons d'un bureau ici-même et le stock de nos publications est rangé depuis longtemps dans une salle au sous-sol. De plus, en raison des travaux effectués au Musée savoisien, le déménagement de notre bibliothèque a été organisé et financé en septembre 2016 par le Conseil. Enfin, nous inaugurons aujourd'hui le cycle 2017 des cours publics qui dorénavant se tiendront dans ces lieux. Peu à peu, ces dernières années nous avons renforcé notre partenariat avec le Conseil départemental alors que la Municipalité de Chambéry cessait d'apporter sa contribution financière aux cours publics pourtant fondés à son initiative et confiés à la Société d'Histoire et d'Archéologie depuis 1901. Aucune des deux guerres mondiales ne les a interrompu et depuis 3 ans, sans faillir, nous poursuivons l'enseignement de ces cours ouverts à tous.

Les sociétés dites « savantes » ont pour rôle d'agir dans un certain esprit pour faire connaître et défendre le patrimoine et l'histoire au sens large de la zone géographique où elles sont implantées. C'est pourquoi nous entendons rester fidèles à l'appel des 70 notables, jeunes, cultivés, libéraux, qui le 6 août 1855 ont décidé de programmer des recherches dans le but « de pousser les générations nouvelles vers les études sérieuses parce qu'en Savoie, on ignore l'histoire de sa patrie. »

En 162 années d'existence, la Société d'Histoire et d'Archéologie a pu apporter aux organismes officiels comme au grand public, à travers ses nombreuses publications, des données scientifiques, rigoureuses et vérifiées qui font références et dont la qualité est reconnue. Le conseil d'administration s'y emploie sans grand tapage mais avec persévérance, à travers les difficultés qui ne manquent pas.

Dès l'origine, en 1875, nos fondateurs parmi lesquels, François et Laurent Rabut obtiennent du Conseil général la création d'un petit musée où ils recueillent les vestiges découverts dans les sites lacustres, la collection numismatique qu'ils ont constituée, les objets anciens, les innombrables documents ethnologiques et historiques qu'on leur fait parvenir pour les classer, les publier, les commenter. Ils ajoutent encore « une bibliothèque circulante » . Sans conteste, notre société est bien « la grand-mère » du Musée savoisien ce qui justifie le maintien de sa présence au Musée encore aujourd'hui.

Pour conclure, nous pouvons dire que la Société savoisienne d'Histoire et d'Archéologie a toujours développé la même finalité : ouvrir l'esprit de ses contemporains à l'histoire des Etats de Savoie et rendre perceptible la spécificité d'une culture authentiquement savoyarde qui trouve encore toute sa place dans l'Europe d'aujourd'hui.

Anne Weigel